Le Polo

/// Texte : Richard Travers et Jean-François Saget

Sur le plan international et national.

Histoire du Polo

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Ce sport équestre daterait de plus de 2500 ans avant Jésus-Christ, et aurait pris naissance au fin fond de l'Asie centrale, le long de la route de la soie, peut-être du côté du Turkménistan, le pays des fameux
Akhtal-tékés, la race de cheval de selle la plus pure et la plus ancienne au monde. On dit qu'il fut pratiqué par Alexandre le Grand et
Darius lll, roi de Perse. C'est pourquoi on a coutume de dire que c'est le sport des rois et le roi des sports !

À cette époque, le polo est d'abord un entraînement pour les unités de cavalerie des tribus guerrières locales ; il se propage rapidement alentour : en Perse, au Tibet, en Mongolie, en Chine; puis à l’ouest à Constantinople au XIIIe siècle, et aux lndes au XIVe. Le jeu de polo devient alors le jeu royal le plus populaire. Découvert par des planteurs de thé anglais de Calcutta vers 1854, il arrive en Europe peu après.
Et c’est naturellement en Angleterre, en 1869, que le premier match a lieu entre le 10 ème hussards, et le 9 ème lanciers à Hurlingham dans le Middlesex. Le club de cette ville adopte ce sport en 1873, entreprend progressivement sa codification et va devenir le temple du polo pendant très longtemps.

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Ci dessus plaques sur os 17 x 10 cm (Pau Collection privée)

Représentatif de la poésie épique persane.

Le polo est appelé le tchowgân dans les textes en prose et les poèmes.
Le mot tchowgân vient du mot tchopakân, qui désigne en moyen perse le maillet en bois que l'on utilise pour ce sport.

Le Polo à Pau

L'historien du polo Harold Laffaye nous raconte que ce sport fut introduit à Pau par James Gordon Bennett Junior. Après de plus amples recherches, le même auteur nous donne la liste complète des fondateurs : James Gordon Bennett, MacReary, Alfred Torrance, Charles Carroll, Tom et Jack Dryborough. Un article de presse nous décrit un match à Billère en septembre 1872. Il est évident que le polo s'établit avant cette date, car Henri de Gron nous donne un compte rendu d'un match qui eut lieu en novembre 1871.

Le terrain de polo de la plaine de Billère, situé entre le Gave et la route de Bayonne, mesurait 300 m de long et 150 m de large. L'engouement pour ce nouveau sport provoqua une demande auprès de la ville de Pau afin qu'elle fasse procéder à des aménagements de la route d'accès. La Société du Polo venait de voir le jour et c'est en 1875 qu'un journal local en publia les règles. ("Polo" dans Le Journal des Etrangers du 23 octobre 1875).

La règle n°1 stipulait que les poneys ne devaient pas mesurer plus de 1,43 m au garrot ; aux premiers jours, les joueurs utilisaient en effet de petits chevaux, raison pour laquelle, ils sont appelés “poneys“.
La dernière règle (n°14) stipulait, judicieusement que l'entrée des chiens était strictement interdite.

La liste des principaux joueurs contient beaucoup de noms familiers aux lecteurs de Vaufreland, tels Henry Ridgway, Eustace Jameson, J. Morris Post ( ces deux derniers seront membres fondateurs du club de jeu de paume), Alfred Torrance et Robert Stewart Savile, mécène de la Savile Cup de Nouvelle-Zélande, créée en 1899 alors qu'il était adjoint du gouverneur général, le comte d'Onslow.

En 1878, quand le parc Beaumont devint propriété de la ville, on pensa d'abord y aménager un terrain de polo, mais la municipalité n'offrit à la Société de polo qu'une concession temporaire (comme elle le fit pour le jeu de paume), alors que la Société la voulait permanente et définitive.

En 1902, un autre terrain de polo voyait le jour au champ Bourda à Jurançon, mais ce sport disparut définitivement avec la première guerre mondiale.

En somme, de la fin du XIX e siècle à la première guerre mondiale, Pau et quelques autres villes françaises connurent un destin très particulier. La vie sociale et l'économie étaient aux mains de très riches familles britanniques et américaines, dont le point commun était l'amour immodéré du cheval.