Evolution technologique
/ L'Aérostation

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L'aérostation est la technologie qui permet le vol au sein de l'atmosphère terrestre en utilisant des engins plus légers que l'air. L'histoire de l'aérostation commence véritablement à la fin du XVIIIe siècle d'abord avec les ballons gonflés à l'air chaud, puis à l'hydrogène. Elle conduit au développement des dirigeables qui, un temps, concurrenceront le transport aérien par avion et se termine tragiquement avec l'accident du Hindenburg en 1937. L'aérostation est, au début du XXIe siècle, essentiellement une activité de sport et de loisir. Les ballons restent utilisés à des fins scientifiques, météorologie en particulier. Des projets de dirigeables renaissent périodiquement pour le transport de charges encombrantes et pondéreuses. Elle a été récemment démocratisée grâce aux retours des grands ballons captifs notamment à Paris et Disneyland Resort Paris Aerophile SA.

Les premiers essais

La première expérience enregistrée de vol d'un ballon rempli d'air chaud pourrait être celle effectuée en présence du roi Jean V du Portugal le 8 août 1709 par un prêtre portugais, Bartolomeu de Gusmão.
Le ballon construit en papier aurait atteint une hauteur de 4 mètres.

Les frères Etienne et Joseph Montgolfier font leurs premiers essais avec un ballon de papier rempli d'air chaud en 1782 et de nombreuses anecdotes non documentées rendent compte de ces vols. Le premier vol d'une montgolfière aurait eu lieu à Annonay, près de Lyon, le 25 avril 1783 et elle aurait atteint une hauteur d'environ 300 mètres. La première démonstration publique aura lieu le 4 juin 1783 en présence des États particuliers du Vivarais et la montgolfière dépasse 1800 mètres de hauteur. Ce vol leur ouvre les portes de la cour de Versailles où ils réalisent, le 19 septembre 1783, en présence du roi Louis XVI, un vol dans un ballon de 13 mètres de diamètre. Les premiers passagers sont un coq, un canard et un mouton qui parcourront plus de 3 km à une hauteur de 550 mètres ouvrant ainsi la voie aux vols habités...

Le 27 août 1783, le physicien Jacques Charles avec l'aide des frères Robert, lâche le premier ballon

à gaz rempli d'hydrogène à Paris, devant l'École militaire. Le ballon, inhabité, se pose à Gonesse, 25 km

plus loin.

Les premiers vols - les ballons libres

Le début réel de l'aérostation est marqué par le succès des frères Montgolfier, le 21 novembre 1783, du vol de leur montgolfière où avaient pris place Jean-François Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes.

Le 1er décembre 1783, dix jours après, Jacques Charles et Marie-Noël Robert volèrent au-dessus des jardins des Tuileries à Paris avec un ballon à gaz, rempli à l'hydrogène.

Le 19 janvier 1784, envol à Lyon du Flesselles, une énorme montgolfière de plus de 20 000 m³, pilotée par Jean-François Pilâtre de Rozier avec à son bord Joseph Montgolfier.

L'année 1784 verra, d'ailleurs, un grand nombre d'essais d'envol de montgolfière dont de nombreux réussis. Cela en France, mais également en Angleterre et en Italie.

Le 2 mars 1784, la foule rassemblée sur le Champ de Mars à Paris assiste à l'ascension d'un aérostat gonflé à l'hydrogène et piloté par Jean-Pierre Blanchard. Le ballon, muni d'une hélice actionnée à la main et poussé par le vent, franchit la Seine et revient pour se poser rue de Sèvres.

À partir de ce moment, toute une série de vols vont se produire en Europe.

Le 4 juin 1784, vol de la première femme, Élisabeth Thible, avec M. Fleurant dans l'aérostat Le Gustave (baptisé ainsi en l'honneur du roi de Suède Gustave III, présent ce jour-là).

Le 23 juin 1784, triple record du monde, de Jean-François Pilâtre de Rozier et du chimiste Louis Joseph Proust à bord de la montgolfière La Marie-Antoinette conçue par Étienne Montgolfier : distance 52 km, vitesse 60 km/h et altitude 3 000 m environ.

Le 7 janvier 1785, Jean-Pierre Blanchard et John Jeffries accomplissent pour la première fois la traversée de la Manche dans le sens Angleterre-France dans un ballon gonflé à l'hydrogène.

Le 15 juin 1785, Jean-François Pilâtre de Rozier, qui tentait également de traverser la Manche mais dans le sens inverse, c'est-à-dire contre les vents dominants, se tue avec Pierre Romain à bord d'un ballon mixte, montgolfière et ballon à gaz.

Ce drame qui est d'ailleurs le premier accident aérien, va mettre un frein aux divers envols de ballon à air chaud. Il va falloir attendre la révolution française, où André-Jacques Garnerin sera nommé " Aérostatier des Fêtes Publiques " pour que les ascensions reprennent.

Les ballons dans l'armée

Le comité de Salut Public décide même le 24 novembre 1793, la construction d'un ballon à gaz capable d'emporter deux observateurs à des fins militaires. Jean-Marie Coutelle, physicien, est le responsable, il a pour adjoint un autre physicien, Nicolas-Jacques Conté. Le ballon, L'entreprenant, est prêt le 29 mars 1794, et un essai en captif est effectué, à 682 mètres au dessus de la Seine, Coutelle armé d'une lunette peut faire des observations à grande distance. Le 2 avril, la première compagnie d'aérostiers est créée, Coutelle en est le chef. Ils partent pour rejoindre l'armée de Sambre-et-Meuse qui se bat à Maubeuge. Le 2 juin a lieu la première ascension d'observation sous le feu de l'artillerie autrichienne. Ils vont ensuite se déplacer jusque devant Charleroi avec le ballon gonflé pour faire des observations le 24 et le 25. Le 26, les Autrichiens capitulent à Charleroi. L'ennemi est désorienté et démoralisé de voir toutes ses actions à découvert.

Une deuxième compagnie est créée, ainsi qu'une école à Meudon et neuf ballons sont construits.
La première compagnie est capturée à Wurtzbourg, le 3 septembre 1796 suite à la retraite de l'armée française. Les ballons captifs sont difficiles à déplacer, les fours en brique pour produire l'hydrogène sont long à construire, le gonflage durait de deux à trois jours, autant de facteurs défavorables.

Ils sont pourtant embarqués pour la campagne d'Égypte mais les deux navires où est tout le matériel coulent. De retour en France, Bonaparte démantèle les compagnies d'aérostiers et ferme l'école.

Les ballons au secours de Paris

Les ballons à gaz vont pourtant reprendre du service lors du siège de Paris par les Allemands en 1870. Nadar, qui a déjà auparavant réalisé la première photographie aérienne en ballon, créé une "compagnie d'aérostiers" qui a pour charge de rompre le siège et de permettre d'envoyer du courrier à l'extérieur. Des personnalités politiques vont pouvoir aussi "s'échapper" comme Léon Gambetta. En un peu moins de 6 mois, 66 ballons vont transporter 11 tonnes de courrier. Cinq seulement seront pris par les Allemands, chiffre faible si on tient compte que la direction du voyage n'était pas complètement contrôlée et qu'il fallait compter avec les caprices des vents.

En souvenir de ces exploits, d'importants concours de ballons furent organisés lors des Jeux Olympiques d'été de 1900 à Paris.

L'avènement des dirigeables

Le ballon libre est trop tributaire du vent pour ses déplacements. Très tôt, le général Jean-Baptiste-Marie Meusnier conçoit un ballon de forme ellipsoïdale, muni d'un gouvernail, mais à l'époque aucun moteur n'existe. Les inventeurs en sont réduits à essayer des systèmes à base de rames qui s'avèrent complètement inefficace.

La première réalisation effective est due à Henri Giffard qui utilise une petite machine à vapeur pour actionner l'hélice ; il décolle de Paris le 25 septembre 1852, et atterrit à Trappes après un trajet de 27 km. Mais le poids des moteurs empêche une utilisation plus facile.

Le même Henri Giffard crée en 1878 aux Tuileries à Paris, le premier grand ballon captif et permet à 36 000 passagers de voir Paris en Ballon.

Le 9 août 1884, Charles Renard et Arthur Krebs font revenir leur dirigeable La France à leur point de départ, un petit voyage de huit kilomètres entre Meudon et Villacoublay. Il est propulsé par un moteur électrique pesant 44 kg au cheval et alimenté par piles. Il faudra attendre une vingtaine d'années et les exploits de Santos-Dumont pour rééditer la performance.

Mais, c'est l'invention du moteur à explosion qui va permettre au dirigeable de faire des progrès fulgurants. Progrès qui l'amèneront avec les Zeppelin à pouvoir traverser l'océan Atlantique, ou encore à Roald Amundsen et Umberto Nobile de survoler le pôle Nord. Malheureusement ce sont ces même moteurs qui vont permettre à l'aviation de supplanter l'aérostation.

L'aérostation moderne

Les accidents tragiques avant la Seconde Guerre mondiale de grands dirigeables gonflés à l'hydrogène vont mettre un terme à cette épopée, et définitivement ruiner l'utilisation commerciale du ballon comme moyen de transport.

Restaient les utilisations sportives et scientifiques.

Le 28 mai 1931, le professeur Auguste Piccard et son assistant Paul Kipfel battent un record d'altitude : ils montent à 16 000 mètres, dans la stratosphère, grâce à l'utilisation d'une cabine pressurisée. L'objectif était l'étude du rayonnement cosmique.

La première traversée de l'Atlantique dans un ballon à gaz, non dirigeable, est effectuée en 1978. Et c'est seulement en 1999 que Bertrand Piccard et Brian Jones font le tour du monde sans escale, en parcourant 46 759 km en un peu plus de 19 jours. Ils étaient partis de Suisse et attérirent en Égypte à 500 km du Caire.

La société Aérophile SA détient le record du plus grand nombre de passagers grâce au principe de plus léger que l'air avec 1 280 000 passagers depuis 1993.

Et aujourd'hui...

Sport

Aujourd'hui, les montgolfières sont utilisées dans le cadre sportif et touristique. Le ballon à gaz a toujours ses adeptes mais en plus petit nombre, car il est plus coûteux et moins facile à mettre en place. Tous les ans se déroule la coupe aéronautique Gordon Bennett qui voit s'affronter les meilleurs aéronautes.

Le dirigeable aussi est un sport qui est pratiqué de nos jours.

Études scientifiques

Que ce soit pour l'étude de l'atmosphère, l'étude des canopées des forêts tropicales ou pour effectuer des prévisions météorologie, les ballons dirigeables, les ballons-sondes et les ballons stratosphériques sont encore couramment employés.

Commerce

Malgré de récents efforts, les dirigeables rigides de petite taille n'ont pas convaincu les entreprises.
Reste l'aspect publicitaire avec de petits dirigeables ou des ballons captifs.

Depuis 1994 l'entreprise française Aérophile, met en œuvre des ballons captifs permettant au grand public de s'adonner à l'aérostation, comme à Paris avec le ballon de Paris depuis 1999 ou à Disneyland Paris depuis 2005, ainsi qu'à Singapour, Hong Kong ou Los Angeles.

Les montgolfières sont aussi un moyen différent de transport aérien à la demande. Elles permettent de transporter jusqu'à plus de trente passagers.