Paul Mirat

(1885-1966)
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Texte de Paul Mirat, petit-fils

/ Biographie

P._Mirat

Propriétaire de l'un des plus importants haras de Pur-sang privés en France, instructeur militaire aux États-Unis, président de la chambre d'agriculture des Basses-Pyrénées, journaliste investigateur, maire de Meillon entre 1936 et 1945, flûtiste, dessinateur, caricaturiste, peintre mais aussi poète, sportif accompli, cavalier, champion de boxe du Sud-Ouest et bobeur.

Basile-Paul Mirat, est né le 24 janvier 1885 à Pau et mort le 6 juillet 1966 à Meillon.

/ Ses oeuvres

Paul Mirat épouse Maria-Élisa Larrague en 1918, de cette union naîtront quatre enfants, Jacques, Claude, Yves et Michel.
Le jeune couple s'installe à Meillon où Paul reprend l'élevage de chevaux créé par son père. Les cracks de Meillon brillent sur les hippodromes les plus prestigieux, Newmarket, Auteuil, Chantilly, Saint-Cloud, Maison-Laffitte, Nice, Cannes, Deauville et Pau.

L'Yser, Radiola, Radis-rose, Radis Noir, remportent les grands classiques tandis que Volga pulvérise le record du monde de vitesse.

Élu Président du syndicat hippique des Basses-Pyrénées, Paul Mirat écrit de nombreux articles pour les revues Auteuil Longchamp et Le Jockey.

La Belle Époque à Pau

Au début du siècle dernier, le jeune Paul Mirat évolue dans un univers mondain insouciant et assoiffé de plaisirs : c'est la Belle Époque. Il va décrire avec verve et quelque ironie les lieux où le Tout Pau se donne rendez-vous : l'hippodrome, le théâtre Saint-Louis, le Petit-Casino (actuel Pavillon des Arts) et surtout le Palais d'Hiver qui deviendra le Casino de Pau avant d'être le Palais Beaumont. Dans son magnifique Palmarium, il accueille les fêtes, les grands bals, les dîners de gala, les réceptions grandioses comme celle donnée en l'honneur des frères Wright...
Pau, à l'époque une des plus prestigieuses villégiatures hivernales du monde, est surnommée "La Reine des Sports", le jeune artiste en herbe croque les étrangers en villégiature, mais aussi le quotidien des Palois et les petits métiers.

Paul Mirat est né caricaturiste.
Il peint avec malice - mais sans méchanceté - tous les personnages qu'il côtoie des plus huppés aux plus humbles. Les noms les plus prestigieux – aristocrates et princes – y sont mélangés avec jubilation avec les noms de demi-mondaines qui n'ont laissé qu'un prénom ou un surnom.
Les équipages luxueux des personnalités paloises avec les harnachements des chevaux, les tenues des propriétaires et des cochers constituent aussi un témoignage animé de cette époque disparue.

Plus que son œuvre de poète, son œuvre de peintre et son œuvre de dessinateur vont susciter l'admiration de ses compatriotes et de plusieurs collectionneurs étrangers.


Avec Henri de Montebello et Louis Sallenave (futur maire de Pau de 1947 à 1971), Paul crée une troupe de théâtre, "Le Carillon", qui connaîtra de beaux succès de Bordeaux à Biarritz. Ses caricatures à l'encre de Chine circulent dans la presse locale. 
Sa première exposition a lieu en 1920 au Palais des Pyrénées.
Durant cette période, il produit essentiellement des peintures à l'huile inspirées notamment par ses nombreux séjours en Espagne et en Italie.

 

Ses amis fidèles

Parmi toutes les qualités de Paul Mirat, une des plus attachantes est sans doute la fidélité qu'il a vouée toute sa vie à un cercle d'amis proches, eux aussi souvent devenus très célèbres.
Leurs joyeuses caricatures constituent un témoignage de cette complicité.

​Citons en premier lieu, son grand ami Ernest Gabard, sculpteur, surnommé le Rodin des Pyrénées, surtout célèbre pour ses deux fontaines «La femme au puits» et «Les enfants à la fontaine». Il est aussi imagier, auteur de nombreuses cartes postales représentant des scènes de la vie des poilus et caricaturiste, créateur du paysan béarnais «Caddetou» et illustrateur des recueils de poésies de Paul Mirat.
Son compagnon de jeunesse Georges Coustal occupe une place particulière. Pendant de longues années, Paul Mirat illustre ses "chroniquettes" dans le journal «La République»; il produira ainsi plus de 500 dessins (dont les gravures sur plaques de zinc sont conservées aux archives intercommunales de l'Usine des Tramways).
Son ami d'enfance Louis Sallenave, maire de Pau pendant 24 ans, a partagé les goûts artistiques de Paul Mirat pour la comédie, la musique et aussi la peinture : ses œuvres révèlent son amour de la montagne communiqué par son frère Henri, pionnier du pyrénéisme et de l'aviation auxquels Paul Mirat a rendu hommage : Guynemer, Védrines, Fonck, Garros, Nungesser et l'Américain Norman Prince...

Meillon Mirat

Paul Mirat, maire de Meillon

L'histoire de Paul Mirat, maire de Meillon de 1936 à 1944 montre une facette attachante et pourtant méconnue, de cet homme de cœur. En 1936 lorsque les premiers réfugiés espagnols passent la frontière, il ouvre aussitôt sa maison et la vie familiale est réorganisée pour faire la plus grande place aux malheureux.
En tant que maire de Meillon il exhorte chaque famille à faire de même et bientôt toute la petite cité se transforme en refuge.

Après la Seconde Guerre mondiale
En 1946, Paul fonde la Fédération des Raids Hippiques de France dans le but de favoriser le développement de la race de trotteurs sur route. La Fédération réunit 170 sociétés hippiques et comités et 600 propriétaires de chevaux de raids. La Fédération des Raids Hippiques organise toujours des courses de trotteurs attelés mais, après avoir été national, son rayonnement est aujourd'hui limité aux départements du sud de la France.

De juin à septembre 1988, le Musée national du château de Pau a organisé une rétrospective de l'œuvre de Paul Mirat intitulée "L'homme derrière l'image".

Le 18 mai 2019 François Bayrou, maire de Pau, a inauguré le centre culturel de Meillon baptisé Espace
Paul-Mirat. Ce lieu abrite une exposition réalisée par le collectif des habitants de la rue Paul-Mirat à Pau réunis dans l'association "Les Amis du quartier Paul-Mirat". Le même jour, et à l'initiative de l'association "Les Pacaniers de Jefferson", Mr Daniel E. Hall, consul des États-Unis à Bordeaux, a planté un pacanier, faisant de Meillon un haut-lieu de l'amitié franco-américaine.