Robert Paparemborde


///  Texte : Yves Coup

Vidéo : Yves Coup ©

Enfance et jeunesse en Vallée d'Ossau

Robert Paparemborde alias "Papa" alias "Patou" a vu le jour le 5 juillet 1948 à Féas, bourgade béarnaise de 425 âmes. Le petit Robert, qui affichait 3,8 kg sur la bascule à son premier jour, rejoindra très vite le village de Gabas en vallée d'Ossau, aux premières rampes du Col du Pourtalet, où Gabriel son père, avait été nommé cantonnier.

"Robert est inscrit à l’école primaire de Gabas, bourg situé 4 bons kilomètres au-dessus du hameau de Gélan. Seul l’ours l’inquiétait, quand il redescendait à la nuit tombante. « Parfois, le soir, lorsque les journées raccourcissaient, nous confiera-t-il un jour, on disait qu'on avait vu l'ours traîner dans les parages de notre maison. J'accélérais le pas. La fin du parcours qui me ramenait à la maison se faisait en lisière d'une forêt sombre et épaisse qu' "il" fréquentait certainement et où "il" pouvait se trouver à tout moment.

Je l'imaginais là, caché, me demandant s'il allait me bouffer...".

​L'Ossalois

Cultures totémiques. Cultures de terres et de rocs, de sources et de lieux telluriques. Patou venait de là, avec ses grandes paluches, son œil bleu et sa force tranquille.

" Los Aussalèrs, seguint lo cors de l'aiga e los debrís de las montanhas, devarèn abitar lo plat païs e mèstes que'n hon dinc au Pont-Lonc, qui enqüèra tienen".

(Les Ossalois, suivant le cours de l’eau et les débris de la montagne descendirent habiter le plat pays et en furent maîtres jusqu'au Pont-Long, qui est toujours à eux).

(Extrait de Pierre Gaston).

C’est au collège de Laruns que Patou fait connaissance avec le sport en tant que discipline et s’avère bientôt comme un athlète hors normes : ski, judo (où il excellera jusqu'à obtenir la ceinture noire), hand-ball , (où il sera international scolaire).

En 1965, il rejoint le Lycée St-Cricq puis le Lycée Barthou à Pau. C’est au sein de l’équipe scolaire du lycée, les Coquelicots, qu’il va découvrir le rugby, s’imposant tout aussitôt comme un joueur hors pair et remportera le titre de champion de France en 1966 .

La Section Paloise

Patou ne tarde pas à être sollicité par le club phare du Béarn, la Section Paloise où il signe en 1967.
Des juniors Reichel à l’équipe 1, sa progression est fulgurante. Occupant les postes de trois-quart aile, de trois-quart centre, de troisième ligne ou de pilier, il ne tarde pas à se fixer à ce dernier poste dont il sera très vite le titulaire inamovible à droite de la mêlée, pendant quinze années.

Il compte parmi les meilleurs piliers français dès 1973.

L’Équipe de France est prête à l’accueillir.

L'Equipe de France

Patou débute en équipe de France pour la tournée en Afrique du Sud 1975. Associé à Paco et Cholley, cette première ligne de fer appartient désormais à un groupe qui montera en puissance, 3èmes du Tournoi en 75 derrière le pays de Galles et l’Ecosse, 2èmes en 76 derrière les Gallois grands chelemards sortants, les Français viseront en 77 la première marche du podium.

Cinquante-cinq sélections de 1975 à 1983, recordman d’essais (8 au total dont 2 contre l’Angleterre en 1976), il remportera à trois reprises le Tournoi des 5 Nations dont deux grands chelems (1977 et 1981), il demeure le prototype du pilier moderne avec ses 1,82 et ses 103 kg, puissant rapide et brillant joueur de ballon.
Il fut aussi de la première victoire en Nouvelle-Zélande (14 juillet 1979 à Auckland, 24-19).

"Ils veulent le grand chelem !". Ils l'auront. Cinq victoires avec les quinze mêmes mecs et sans prendre un seul essai. Un grand Chelem unique, fastueux, orageux, mais de gala.

Le début d'une grande histoire, aussi".

Pierre Gaston

​Le Racing Club de France

Il rejoint son ami Jean-Pierre Rives à Paris et signe pour sa dernière année de joueur de rugby au Racing Club de France en 1984. Joueur-entraîneur, il parvient à reconstruire une équipe à faire remonter le club en Première division.

Puis devenu entraîneur-manager conquiert en 1990, le titre national avec Christian Lanta.

"Il me fallait des challenges nouveaux, inédits, excitants. Paris m'attirait et l'idée de finir ma carrière avec Jean-Pierre dans un club prestigieux tel que le Racing Club de France - qui désirait ardemment retrouver le haut niveau en remontant en 1ère Division, son jeune et dynamique président Jean-Pierre Labro m'en avait convaincu - me séduisait au plus haut point".

Robert Paparemborde

​Patou connut de très belles réussites que sa trop courte vie ne lui permit pas de mener à bout, hélas.