La Caserne Bernadotte

/// Texte de Jean-Marc Coqueau

La Caserne Bernadotte, 50 ans de construction

Dès 1807, la ville de Pau, bien que désargentée, souhaite accueillir une garnison permanente par la construction d'un casernement, pour les troupes françaises en provenance d’Espagne, puis pour les troupes anglaises qui occupent la région à la fin de l’Empire. En 1815 le choix l'emplacement de la future caserne se porte sur un terrain libre, propriété de la ville, occupé jadis par les jardins du roi de Navarre. Situé sur un immense plateau, l’emplacement permet d'envisager un vaste terrain d’exercices et de manœuvres.

 

C’est en décembre 1821 que la municipalité adresse enfin sa demande au ministère de la Guerre, proposant que Pau devienne siège de garnison et s'engageant à contribuer à la moitié des frais de construction d'une caserne pour 1 500 hommes. Après étude, l’ordonnance royale du 9 février 1825 entérine finalement la participation de la ville aux deux tiers du financement de la construction d'une caserne pour 2 000 hommes. Ce montant ne cessera de s’accroitre durant toute la construction.

 

En avril 1829 le chantier du creusement des fondations débute. En raison de nombreux contentieux administratifs et financiers, de dégâts récurrents sur le toit terrasse et de l'épuisement de plusieurs carrières de pierre des environs, les travaux avancent au ralenti. En décembre 1831, la "caserne neuve" est en apparence terminée et l’année suivante, une partie du 14" Régiment d'infanterie de ligne prend officiellement possession des locaux. La sous-occupation prolongée du bâtiment constitue cependant un nouveau sujet de mécontentement pour la municipalité de Pau qui adresse plusieurs réclamations au ministre de la Guerre, demandant à maintes reprises l’installation de garnisons complètes.
En 1856, la "Caserne de la Haute-Plante" devient propriété de l’État et seuls 95 hommes y sont alors logés.

 

En 1868, après de nouveaux travaux, la caserne est déclarée en "état d’entretien", et le 18e Régiment d'lnfanterie prend possession de la caserne en 1871, dénommée dès lors "Caserne de l'infanterie".
Elle peut bientôt accueillir 2 200 hommes grâce à la construction d’un 4e étage et d'un toit en ardoises.
Sur le champ de manœuvre devant la caserne se déroulent tous les défilés, cérémonies et prises d'armes. Enfin, c'est entre 1886 et 1892, date du voyage en France du roi de Suède Oscar II, que la caserne a pris le nom de Bernadotte.

 

Dissout en Algérie le 30 avril 1961, le 18e R.I. laisse sa place au Bureau central d’Archives Administratives Militaires (BCAAM). De 2010 à 2012 le bâtiment central est entièrement réhabilité, conformément aux normes de sécurité actuelles. Les premier et deuxième étages sont réservés aux bureaux, les troisième et quatrième, aux archives. Le 1er janvier 2012, à la suite de son rattachement au service historique de la Défense, le BCAAM prend l’appellation de Centre des Archives du Personnel Militaire (CAPM).

 

Le bâtiment principal de la caserne Bernadotte en chiffres :

- Longueur : 175 m

- Largeur : 20 m

- Hauteur totale : 2 m

- Surface au sol : 3 717 m2

- Surface totale : 18585 m2

- Nombre de fenêtres : 464

- Nombre d'escaliers: g

 

Grille d'enceinte :

- Longueur: 325 m

- Largeur : 90 m