Louis Blériot


///  Texte : Jean-Louis Maffre

Il est en France le plus connu des pionniers de l’aviation en raison de sa traversée de la Manche le 25 juillet 1909. Cet ingénieur centralien et industriel de l’automobile est attiré très tôt par l’idée de voler. Ayant fait fortune grâce à la fabrication de phares, il construit en 1899 un ornithoptère (avion à ailes battantes) qui ne volera jamais. En 1906, il fonde une entreprise destinée à la construction d’avions et produit de nombreux biplans qui subissent échecs sur échecs. Il y gagne le surnom "d’homme qui tombe".

En 1907, un appareil mû par un moteur Antoinette fait des bonds de plus en plus longs et parcours 500 mètres avant la fin de l’année. Des années après les frères Wright, il parvient enfin à faire un demi-tour en vol. Le monoplan Blériot XI, dernier aboutissement de ses recherches, lui permet de traverser la Manche.

 

Cette aventure est considérée en France comme un retentissant exploit, jugement que l’on peut qualifier de chauvin puisque la trentaine de kilomètres parcourus sont peu de chose comparée aux 124,700 km de Wilbur Wright en 2 h 18 réalisés le 31 décembre 1908 au Mans, soit 5 mois plus tôt. Cela apporte pourtant au Français célébrité et fortune, ce qui lui permet d’ouvrir des écoles de pilotage, notamment à Étampes et Pau en 1909. Il s’installe sur le Pont-Long après avoir visité le site le 10 janvier et obtenu les mêmes conditions d’accueil que Wright. Il fonctionne l’été à Étampes et l’hiver à Pau en raison de conditions climatiques plus favorables en Béarn que celles qui règnent en cette saison dans la région parisienne : ici, peu de vent et de pluie. Plus au nord, ces éléments contrarient les vols en raison du manque de puissance des moteurs. De novembre 1909 à novembre 1913, l’école Bériot formera donc dans notre ville plus de 200 pilotes dont certains battront toutes sortes de records.

 

À Pau, une rue nouvelle portera son nom le 12 juillet 1957.