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Société d'Encouragement
& Hippodrome


/// Texte : A la mémoire de Xavier Bougon, Historien des Courses &

Jean-Louis Foursans-Bourdette, Président de la SEPA, gestionnaire de l’hippodrome de Pau et du centre d’entraînement de Sers.

tribune du pont long

Hippodrome de Pau

Installations au Pont-Long à partir de 1839

L'Hippodrome de Pau est inauguré en 1843

La première piste d'entraînement fut tracée en 1847

Un peu d'histoire...

Le Béarn peut être considéré comme le berceau des courses en France.
Au X ème siècle déjà, les prémices d’une activité hippique débutent le jour de la Toussaint à Morlàas,
alors capitale du Béarn (en lieu et place de Lescar, détruit au IX ème) et résidence des vicomtes de Béarn.
Pau deviendra la capitale de la province historique du Béarn grâce à un certain Gaston Febus, comte de Foix, plus connu sous le nom de Gaston Phoebus (aujourd’hui épreuve considérée comme une consolante du Grand Prix de Pau).

Pau, le berceau des courses en France...

Les premières courses officielles dans la région sont organisées en 1807 à Tarbes.
Elles renaîtront à Pau en 1841, sous l’impulsion de la population anglaise grandissante, à 4 kms de Pau
dans une lande immense, une plaine marécageuse des plus pittoresques, appelée Pont-Long.
Peu fertile, elle fournit de maigres pâturages aux Ossalois (les occupants de la vallée d’Ossau).
Pour l’anecdote, l’hippodrome devait être construit sur les terrains qu’occupe actuellement le golf de Billière, mais la mairie s’y est opposée. C’est la raison pour laquelle le début des courses a été retardé. Elles finissent par s’installer donc sur la lande du Pont-Long. Les 23, 25 et 27 août 1843 ont lieu trois réunions, soit 12 jours avant celles de l’année passé. La présence de S.A. R. Mgr le duc de Montpensier (la maison d’Orléans) qui venait assister à l’inauguration de la statue d’Henri IV, les avait fait avancer pour l’inauguration officielle de l’hippodrome et son baptême devant 35 ou 36.000 spectateurs.
L’hippodrome du Duc de Montpensier, c’est ainsi qu’il s’est appelé à l’origine, sera rebaptisé cinq ans plus tard, hippodrome de Pau.

 

 

La société à but non lucratif (loi de 1901) fête ses 182 ans.

La Société d’Encouragement des Basses-Pyrénées pour l’Élevage du Cheval aurait été fondée en 1839 sous la présidence du comte Pierre de Saint-Cricq (ministre et président du conseil général des Basses-Pyrénées) (honoré le 5 décembre) assisté de son vice-président, le vicomte Napoléon Duchatel, préfet des Basses-Pyrénées (de 1837 à 1842). Les commissaires de l’époque avaient pour noms : le comte Amédée de Beaumont (officier de Saint-Cyr qui prendra le poste de président en 1850), Ch. de Bray, les barons d’Ariste, Bernadotte et Pierre de Laussat, le magistrat Adolphe d’Artigaux ou Dartigaux, (l’époux de Caroline de Saint-Cricq qui avait eu Franz Liszt, le compositeur, comme amour de jeunesse).

La société consacre ses réunions aux courses plates (sur une piste de 2.000 m.) puis en 1852, l’obstacle apparaît sur les programmes avec steeple-chase à partir de 1856 (un tracé créé sur un modèle anglais par Henri Manescau). La Poule d’Essai (de Pau), un des plus anciens classiques de plat du Sud-Ouest, est créée en 1860 et le Grand Prix (de Pau), un steeple-chase sous forme de handicap, officiellement en janvier 1879, deux jours après la Grande Course de Haies. Des tribunes en bois sont construites en 1863 sur le modèle de Chantilly, reconstruites en pierre en 1876, trois ans avant le premier Grand Prix.

 

 

Le premier vainqueur du Grand Prix s’appelait Cupidon. Monté par un vieux cavalier anglais, Alfred Purr (qui n’avait de courage pour se mettre en selle que l’eau de vie aidant), le hongre de 7 ans appartenait à un Béarnais, voiturier de la ville, Pierre Ranguedat qui l’entrainait d’une façon bien particulière. À la tête de la régie du service régional des diligences, il faisait effectuer à son brave coursier attelé, deux fois par semaine, le trajet Pau-Laruns afin d’y emmener et de ramener les curistes d’Eaux-Bonnes (soit 75 kms). Il volait ensuite sur les obstacles du Pont Long. Pour l’anecdote, il avait été élevé dans le Limousin par un certain Psalmet de Vanteaux.

 

Juste après la Première Guerre, des épreuves d’obstacles sont organisées sur l’hippodrome de Sers par le Trotting Club béarnais, fondé en 1891, future Société béarnaise du demi-sang, dont les derniers présidents ont été le vicomte Henri de Vaufreland et le comte Hubert de Navailles.

L'hippodrome est constamment utilisé depuis et a connu de nombreux travaux de rénovation, d'agrandissement et d'amélioration, dont :

1896 : une piste hersée

1924 : création du parcours de cross

1961 : création d'un parcours de haies permanent type Auteuil.

1999 : création d'une piste en sable fibre de 2 250 m de long dont une ligne droite de 400 m

et extension est et ouest des pistes d'obstacles.

2006 : rénovation des tribunes et des réaménagements du hall intérieur chauffé de 100 m2

Voilà en quelques lignes les débuts des activités hippiques en région paloise.

A compléter...

 

L'origine du Domaine de Sers...

À la fin du XIXème siècle, il existait une piste d’entrainement autour de l’hippodrome d’environ 2 400 mètres. Au fil des années et compte-tenu de l’augmentation du nombre de chevaux, la piste devient insuffisante pour accueillir les utilisateurs et la création d’un véritable centre d’entrainement commence à se faire sentir. Dans le même temps, Louis-Alexandre Sers, un conseiller municipal lègue son domaine «La Véga» à la ville de Pau. À charge pour elle de créer des installations durables et d'utilité publique.

Aux commandes de la société, 15 présidents se succèdent...

Après les comtes de Saint-Cricq et de Beaumont, Ernest du Pont (ancien directeur du haras de Pau puis inspecteur général des haras) prendra les commandes en 1867 suivi en 1871 du marquis Charles d’Angosse (époux de Marie-Louise La Caze), en 1873 du baron Nabos de Saint-Jammes, en 1881 de Léon Daran (médecin en chef de l’Hôpital de Pau et ancien conseiller général).

 

L’ex officier de Cavalerie à Saumur, l’ancien député-sénateur et maire de Navailles, le comte Joseph de Gontaut-Biron, est élu en 1893 pour un mandat qu’il renouvellera jusqu’en 1923, soit 30 ans de « règne ».
Né dans l’Oise dans une fratrie de 15 enfants, il est décédé à Pau en 1924.

 

Viendront ensuite Camille Duboscq (de 1923 à 1948), le comte Auguste de Castelbajac (de 1949 à son décès en décembre 1962, ancien conseiller général), le comte Guillaume de Pracomtal (1963 jusqu’à son décès en mars 1973), le marquis Renaud du Vivier (1974-1980, par ailleurs président de la Société des Steeple-Chases de 1969 à 1978), le colonel de cavalerie Jean Granel (de 1980 à son décès en 1982, par ailleurs membre et commissaire de la Société des Steeple depuis 1954). C’est sous son mandat que le meeting de printemps de plat est purement et simplement supprimé. Alain du Breil prendra la suite en 1983 (Président «des Steeple» de 1978 à 1987) suivi du marquis Max de Ginestet-Puivert en 1987. Il aura occupé ce poste pendant une vingtaine d’années avant de passer la main, en mai 2000, à Jean-Louis Foursans-Bourdette.

 

Le directeur de l’hippodrome, Jean Brouqueyre, avait succédé à François Galibert, en poste de 1981 à février 2014, reconnaissable, souvenez-vous, à son nœud « pap ». Il avait pris les rênes en remplacement de Jean-Paul Hugonnet (décédé en janvier 2011 à 82 ans) qui avait été également juge à l’arrivée.
Un steeple-chase lui est dédié.

Aujourd'hui, Jean-Louis Foursans-Bourdette, est le Président de la SEPA (Société d’Encouragement des Pyrénées-Atlantiques, gestionnaire de l’hippodrome de Pau et du centre d’entraînement de Sers).

La société d'Encouragement des Pyrénées-Atlantiques ne saurait en terminer avec ce rapide historique, sans évoquer le souvenir des maires de Pau qui l'ont aidée à réaliser les magnifiques installations de l'Hippodrome du Pont Long et du Centre d'Entraînement de Sers et en particulier, MM. Henri Faisans, Alfred de Lassence, Gaston Lacoste, Louis Sallenave, André Labarrère et François Bayrou, qui perpétue la tradition.

La consécration de l'élevage béarnais...

Le premier clin d’œil va à l’élevage béarnais qui est honoré le 6 janvier par le Prix Pierre Estrem-Rey, un éleveur installé au Haras de Lescar (aux portes de Pau) dans les années 60. Il est entré, par la grande porte, dans les annales de la Grande Course de Haies d’Auteuil. En effet, il restera comme étant l’éleveur des trois premiers : Ketch, Pansa et son propre frère cadet, Sapin. De surcroît, ils avaient tous les trois, le même père et le même grand-père maternel, Samaritain et Micipsa (un ancien Boussac), deux fonctionnaires en station au Haras national de Gelos-Pau au lendemain de la guerre.

Quelques Grands Prix à Pau

1.Le Grand Steeple et la Grande Course de Haies des 4 ans.

À Cagnes, ces épreuves ont pour nom, Christian de l’Hermite et André Masséna.
À Pau, elles ont pour nom, Antoine de Palaminy et Camille Duboscq.

 

Antoine de Palaminy (décédé en 1943) a été commissaire et vice-président de la Société d’Encouragement des Basses-Pyrénées sous l’ère de Camille Duboscq, aux commandes de 1923 à 1948.
Le Prix de Palaminy a pour préparatoire le Prix Jean Bernadotte (Maréchal de France, roi de Suède).

2. Les Quintés palois.

Nous avons déjà évoqué le souvenir d’Annie Hutton, celui de Pierre Estrem-Rey, celui d’Auguste de Castelbajac.

 

- Le Prix René Cramail est également une course évènement, le 29 janvier. En plus de détenir toutes les casquettes, celle de propriétaire (casaque cerise), celle d’éleveur, celle de gentleman-rider, René Cramail fut membre du Pau Hunt et du Cercle Anglais. Il avait élevé Rhyticère, qui, après s’être sorti des réclamers à 5 ans, s’est imposé dans le Prix La Haye-Jousselin 1928 après avoir dû se contenter, en juin, de la seconde place, à une tête de Maguelonne, dans le Grand Steeple-Chase de Paris. Il sera, en 1931, le seul Français à vouloir défier les Anglais sur leurs terres, celles d’Aintree. Terminant au pied du podium du Grand National, il restera comme étant la meilleure performance d’un cheval français de l’entre deux-guerres.